Rencontre du CIR à Belloc, 16-21 juin 2007



 
Le ‘Congrès International et Interconfessionnel pour les Religieux’ se réunit tous les deux ans depuis 1977, année où il fut créé par un prêtre basque-espagnol, Martin da Zabala. Les rencontres précédentes ont eu lieu dans la communauté évangélique luthérienne de Selbitz en Allemagne,  chez les diaconesses réformées de Riehen près de Bâle, dans des Abbayes bénédictines en France,  Belgique ou Italie, dans des communautés anglicanes en Angleterre, ou encore en Roumanie chez des orthodoxes, etc.
            Le but de ce congrès est de célébrer l’unité que nous avons déjà dans le Christ par la consécration baptismale et religieuse et de travailler à construire l’unité du Corps brisé du Christ. Nous réalisons cela en vivant ensemble quelques jours dans  la prière, l’amitié et l’écoute mutuelle. En règle général les quelques 50 ou 60 personnes qui viennent à ces rencontres partagent la prière de la communauté d’accueil, écoutent des conférences par des intervenants de différentes confessions, se retrouvent dans des groupes de discussion pour échanger et apprendre à mieux se connaître…

           

            Le thème de cette année, pour la rencontre à l’Abbaye de Belloc, au Pays Basque, était : ‘Les sources de la vie religieuse et ses fruits aujourd'hui’. Cela nous a amené à réfléchir sur nos racines (dans l’Ecriture, dans l’Eglise, dans les fondateurs…) et à discuter des fruits que nous pouvons porter dans le monde par le témoignage d’une vie fraternelle selon les valeurs évangéliques de charité, d’espérance, de vérité, d’humilité, de service… La dernière conférence, par le Père dominicain Michel Mallèvre, rédacteur en chef de la revue Unité des chrétiens, était sur ‘Un œcuménisme en pleine mutation : défi pour la vie consacrée : à propos de la mutation le P. Mallèvre a relevé trois points qui aboutissent à une situation de fragmentation : ‘le basculement Nord-Sud du centre de gravité du christianisme, avec un développement d’Eglises indépendantes de type pentecôtiste’, ‘un décloisonnement confessionnel sur tous les continents, ce qui multiplie les partenaires de dialogue et crée des tensions internes dans toutes les Eglises’ et ‘un changement de mentalités religieuses’. ‘Dans ce contexte où tout bouge, la vie consacrée a l’atout d’offrir des point d’ancrage, des lieux à la fois d’expérience spirituelle et d’accueil.’

           

            Nous avons eu aussi une célébration anglicane et une célébration luthérienne auxquelles la communauté des moines de Belloc a participé : elles ont eu lieu à l’heure habituelle de leur messe quotidienne et une pancarte à l’intention des personnes de l’extérieur annonçait ces deux célébrations en précisant que ces deux jours-là il n’y aurait pas de messe catholique. 

            Le P. Nicolas Stebbing, de la communauté anglicane de la Résurrection à Mirfield, et Président du CIR, nous a livré quelques réflexions après ce Congrès de Belloc. Il note l’accueil fraternel des moines et particulièrement la présence amicale du P. Abbé, l’atmosphère de paix et de prière ; les participants commencent à mieux se connaître et sont moins étonnés devant la diversité des religieux qui existent dans les différentes Eglises. Il est évident que dans la situation présente, l’unité du  corps du Christ ne se fera pas du jour au lendemain et nous devons accepter de souffrir ensemble de nos divisions et d’affronter les difficultés dans la patience et l’amour.

Au fil des rencontres les liens entre nous se sont resserrés : une participante qui venait à Belloc après une interruption de 10 années a dit combien elle trouvait que le groupe avait mûri. Tout ceci nous encourage à continuer à aller de l’avant, tout en étant bien conscients que la route est encore longue ; mais il est certain que le CIR participe à sa manière, comme les autres initiatives œcuméniques d’ailleurs, à progresser vers l’unité à laquelle nous aspirons et vers laquelle nous prions l’Esprit de nous guider, bien conscients qu’elle nous sera donnée d’en haut.

  Sr Paula, Bénédictine de Bouzy-la Forêt.