Congrès
œcuménique de religieux en Roumanie
du 1er au 6 juillet 2009
au monastère orthodoxe de Brâncoveanu, Sâmbata de Sus
Cette
année le CIR (Congrès interconfessionnel de religieux) se tenait en Roumanie.
Les six frères et sœurs du comité se sont d’abord retrouvés le 27 juin à SELBITZ en Allemagne pour participer à la
célébration du soixantième anniversaire de cette communauté protestante très
florissante : des contemplatives,
proches des plus pauvres, avec une fondation en Afrique du Sud. Notre petit
groupe œcuménique fut particulièrement bien accueilli et très impliqué dans la
liturgie du jubilé, intervenant pour les lectures, les intentions de la prière
universelle en anglais, français et roumain. Par des chants, des récits, des
saynètes et des témoignages, les sœurs ont su nous partager leur charisme. De
nombreux amis étaient venus les entourer, il y avait plusieurs évêques (dont deux
femmes) et ce fut une fête magnifique.
Puis, le 29
au matin nous sommes partis ensemble
dans un minibus,traversant l’Allemagne, la Suisse, où nous avons été accueillis
par des amis des soeurs, la Hongrie et enfin la Roumanie. Joie de découvrir
ensemble tous ces pays et de fortifier notre amitié. La traversée de petits
villages avec leurs différents clochers nous ouvre un poids d’histoire de joies
et de souffrances ; nous arrivons le 1er juillet dans cette
belle région de la Transylvanie au
monastère de Brâncoveanu aux pieds des Carpates.
Vers 17h nous
accueillons, sous une pluie battante, les participants qui arrivent en car de
l’aéroport. La bonne humeur, la joie des retrouvailles ou des nouvelles
connaissances, l’hospitalité slave, font rayonner le soleil dans le cœur de
chacun.
Nous
sommes une cinquantaine de différentes confessions : anglicans,
luthériens, évangéliques, réformés, méthodistes, catholiques latins et
melkites, orthodoxes roumains, grecs et coptes.
A
l’ouverture du congrès le P. Nicolas Stebbing (anglican) explique : le but
de cette rencontre est de célébrer la vie religieuse en vivant ensemble dans
la prière, les échanges et l’amitié.
Tous nous désirons en savoir plus sur l’orthodoxie. Le chemin pour mieux la
connaître passe avant tout par la participation à la liturgie.
Les
journées sont rythmées par l’office en roumain le matin puis la Divine
Liturgie. Suivent des conférences avec des échanges par groupes de langues.
Bien sûr, il y a aussi tous les partages libres entre nous si enrichissants et
des soirées à thèmes à choix : La Roumanie, le témoignage des sœurs de
Grèce, la vie monastique en Europe… Une merveilleuse écoute et communion
fraternelle ont grandi tout au long de ces jours….un petit aperçu de la
Jérusalem nouvelle !
Le
1er jour, conférence à trois voix par le P. Nicolas Stebbing, Sœur Heather et P. Colin, anglicans, sur La Vie religieuse, témoin
de l’Evangile aujourd’hui : « un oecuménisme réceptif, savoir
apprendre les uns des autres » avec des exemples concrets, non dépourvus
d’humour, de leur vie œcuménique au quotidien.
L’après
midi le Fr. Franziscus Joest (Luthérien de Gnadenthal, Allemagne) donne
un exposé sur L’unité en Dieu Trinité et l’art de réconcilier nos
différences :
Père
Jean, de Chèvetogne, en
spécialiste de l’œcuménisme donne une excellente initiation Attitudes
de base par rapport à l’Unité des Chrétiens.
A
plusieurs reprises le hiéromoine roumain, P. Christofor, qui fait partie
du comité, nous livre avec discrétion son témoignage personnel sur sa foi
orthodoxe, la Divine Liturgie, le signe de croix, le
jeûne, la confession, la participation à l’Eucharistie, les icônes, les vêtements monastiques et
liturgiques etc. Il y a tant de questions…Les moniales roumaines et
grecques le complètent et nous parlent
de la vie monastique dans leurs propres
monastères.
Maica
Maria Magdalena, jeune
higoumène roumaine, nous partage avec fougue ses convictions. « Le caractère propre du vrai moine est un
mélange de volonté de fer, de patience sans limites, de résistance à l’usure
quotidienne. Le moine ressemble non seulement aux anges, mais aux soldats dans
leur période d’instruction. Le plus important est le vœu de l’ardeur de
l’Esprit et celui de la prière continuelle. »
Le
sommet du congrès est la rencontre avec
le P. Teofil, aveugle de
naissance, père spirituel vénéré par tous. Il fut l’un de ceux qui ont conduit
l’Eglise roumaine à travers les épreuves de la période communiste.
« La vie monastique,
c’est diffuser le bien et le bon pour rendre le Christ présent. Un monastère
est un lieu béni par Dieu, c’est la maison de Dieu, un lieu de joie et de bonheur.
Le moine doit être un homme de joie, qui sait aimer, partager la joie avec les
gens. Si vous aimez quelqu’un, vous devez pouvoir lui dire : tu fais
partie de moi, jamais je ne te rejetterai. Dieu nous aime, il nous sourit et
attend notre sourire. Par la prière nous lui sourions et il nous sourit en
retour… »
P.
Téofil s’est éteint fin octobre remerciant Dieu d’avoir été moine.
La
journée d’excursion nous a menés sur les ruines de l’abbaye cistercienne de
Cârta, du 13ème siècle, devenue église évangélique dès la moitié du
16ème siècle. Une page d’histoire de cette région nous est racontée
par une participante née dans ce
village devenu allemand… Dans la soirée le moine roumain propose une autre
vision de l’histoire pour ceux qui le désirent…
Nous
sommes heureux de prier un office œcuménique dans ces ruines car cette année,
contrairement à nos habitudes, nous avons choisi de ne prier à Sâmbata que des
offices orthodoxes. L’après-midi nous visitons Sibiu, le centre ville, la
cathédrale orthodoxe, l’église luthérienne, autrefois église des jésuites, les
églises réformée, évangélique, catholique
et l’Académie évangélique. Très
belle ville, dont l’architecture est marquée par l’influence austro-hongroise.
Le
dimanche est une journée centrée sur la
Divine Liturgie avec la foule de pèlerins venant de tous les coins de Roumanie.
Peu de communions, surtout des enfants de moins de sept ans qui ne sont pas
astreints au jeûne. Quel plaisir de les voir vénérer les icônes ! De
l’homélie du P. Téofil nous ne comprenons guère que les mots ‘M. Teresa’ qu’il
cite en exemple ainsi que ‘le centurion de Capharnaüm’ mais les moines ont la
délicatesse de dire l’une ou l’autre prière en anglais ou en français. Un
novice, peintre de métier, nous fait visiter l’atelier d’icônes écrites sur
verre : méthode typique de ce coin de Roumanie.
Nous
achevons notre séjour par une soirée festive. Chaque groupe linguistique se
présente par des chants, des danses, des jeux, les sœurs orthodoxes concluent
cette soirée par de belles mélodies liturgiques.
Tout
au long de ces jours notre louange s’élevait pleine de reconnaissance. Certains ont prolongé cette
rencontre en passant quelques jours dans un autre monastère roumain ou dans la
communauté des diaconesses à Wildberg en Suisse pour approfondir leur
découverte de la vie religieuse dans d’autres traditions.
Sr Ana Kristina, Petite Sœur de Jésue, Belgrade et Sr Paula, Bénédictine, Bouzy-la Forêtde., 0ctobre 2009
En décembre, le comité se retrouve à nouveau deux jours près de Bâle chez
les diaconesses de Riehen. En partageant la vie de la communauté qui les accueille,
en priant et en réfléchissant ensemble, des préjugés tombent, une amitié spirituelle
s'approfondit au sein de ce petit groupe qui espère ainsi être ferment d'unité
pour l'Eglise et pour le monde.
Merci de noter dès maintenant : veillée œcuménique
au monastère le mardi 11 mai à 18h30.